Mookay Vigilance rassemble des données, études et statistiques sourcées sur les modèles d’IA générative : sécurité applicative, sûreté interne, biais éthiques et politiques. Avec un focus cybersécurité et sécurité des systèmes. Chaque chiffre est daté et rattaché à sa source.
des systèmes IA audités exposés à la prompt injection
97 %
de succès pour les attaques multi-tours sur les LLM de pointe
90 %
des organisations GenAI exposées à un risque de fuite
35 M€
de sanction maximale prévue par l’AI Act
Surface de risquelive · 2026
Prompt injectionCritique
Jailbreak multi-toursCritique
Fuite de données / Shadow AIÉlevé
Hallucination (génération ouverte)Élevé
Alignement / tromperieÀ surveiller
Les garde-fous d’un fournisseur réduisent le risque mais ne l’éliminent pas. La sécurité se pense en couches sur tout le système.
Limites fondamentales
L’hallucination n’est pas un bug. C’est une limite démontrée.
Avant de parler de sécurité, il faut comprendre ce qu’un LLM ne peut structurellement pas faire. Ces limites ne sont pas des défauts corrigibles : elles sont établies mathématiquement.
L’hallucination est inévitable
Dans un « monde calculable », il est impossible d’éliminer totalement l’hallucination : un LLM ne peut pas apprendre toutes les fonctions calculables et hallucinera donc nécessairement comme résolveur de problèmes généraux.
Un second travail aboutit à la même conclusion par une autre voie : les hallucinations découlent de la structure mathématique et logique fondamentale des LLM, et non d’erreurs occasionnelles.
Banerjee et al. (2024), arXiv:2409.05746 · Preprint
La nuance qui change tout
Inévitables sur un ensemble infini d’entrées, les hallucinations peuvent être rendues statistiquement négligeables dès lors que la qualité et la quantité de données sont suffisantes.
Message Vigilance : l’enjeu n’est pas de « supprimer » l’hallucination (impossible) mais de la confiner sous un seuil acceptable via l’ancrage documentaire (RAG), la vérification en sortie et le contrôle humain sur les usages critiques.
Benchmarks techniques
Ce qu’un score mesure vraiment, et ce qu’il ne mesure plus.
Un score de benchmark est en aval de la qualité des données d’entraînement. En 2026, un score MMLU ne veut presque plus rien dire : ce qui compte, c’est GPQA Diamond, SWE-bench Verified, HLE et les tâches agentiques réelles.
Les benchmarks qui discriminent encore les modèles de pointe.
AIME 2025/2026Mathématiques niveau olympiadeDiscriminant en math avancé
LiveCodeBenchProgrammation compétitive non publique à l’entraînementQuasi impossible à contaminer
BFCL v4Appel de fonctions / utilisation d’outilsPertinent pour les agents
LMSYS Chatbot ArenaPréférence humaine en comparaison aveugle (Elo)Classement « du peuple »
Recommandation experte : ne jamais s’appuyer sur un benchmark public seul. Construire une évaluation propre de 100–200 cas représentatifs du workflow réel du client. C’est précisément le cœur d’une mission d’audit Mookay.
Le risque le plus concret en entreprise : une information fausse, énoncée avec assurance.
Taux d’hallucination par type de tâche
Génération ouverte40–80 %
Les taux les plus élevés, sans ancrage documentaire.
Contexte médical sans ancrage> 60 %
Modèles de base (TruthfulQA)> 50 %
Écart de précision (HELM)10–25 %
Tâches ancrées (RAG / retrieval)< 2 %
L’ancrage documentaire est le levier n°1 de fiabilité.
L’ancrage documentaire fait chuter le taux d’hallucination de 40–80 % (génération ouverte) à moins de 2 % (RAG). Sources : SQ Magazine, LXT, Suprmind, HELM/Stanford (2026).
Le piège à connaître
Aucun benchmark ne donne « le » taux d’hallucination d’un modèle. TruthfulQA est partiellement saturé : un arbre de décision atteint 79,6 % sans voir la question, en exploitant le format des réponses. HaluEval: un classifieur basé sur la longueur (flaguer toute réponse > 27 caractères) atteint 93,3 % : il mesure la longueur, pas la véracité.
HELM : l’évaluation multi-dimensionnelle
HELM n’optimise pas un score unique mais produit un profil : précision, calibration, robustesse, équité, biais, toxicité, efficacité. C’est le modèle conceptuel à suivre pour un audit sérieux.
Bonne pratique : croiser au minimum une tâche ancrée (type Vectara) et une tâche de connaissance ouverte, et préciser la version exacte du modèle testé.
Sécurité & vulnérabilités
Les garde-fous réduisent le risque. Ils ne l’éliminent pas.
Le cœur de la démarche Vigilance. Plusieurs résultats académiques convergent : les défenses actuelles ne sont pas robustes. Même face à des protections en couches, certaines attaques conservent un taux de succès résiduel supérieur à 15 %.
Taux de réussite des attaques
Jailbreak (modèles propriétaires)20–40 %
Attaques par jeu de rôle~89 %
Attaques multi-toursjusqu’à 97 %
Fuzzing automatisé (JBFuzz, 2025)~99 %
Moyenne sur GPT-4o, Gemini, DeepSeek.
Succès résiduel malgré défenses en couches> 15 %
Modèles open-weight : échouent aux tests de sécurité 70 % plus souvent que les propriétaires. Sources : SQ Magazine, SentinelOne, BlueRadius, Nature Communications (Hagendorff et al., 2026).
Multi-tours
Les défenses ne résistent pas aux jailbreaks humains menés sur plusieurs échanges.
Li et al. (2024), arXiv:2408.15221
L’attaquant joue en second
Des attaques adaptatives plus fortes contournent les défenses, contre tout sentiment de sécurité fondé sur des défenses statiques.
Hayes et al. (2025), arXiv:2510.09023
Persuasion
« Humaniser » la requête (techniques de persuasion) suffit à faire céder les modèles.
Zeng et al. (2024), ACL
OWASP Top 10 for LLM Applications
Référentiel de fait
Prompt injection : la vulnérabilité n°1
#1 du OWASP Top 10 LLM pour la 2ᵉ édition consécutive. 73 % des systèmes audités exposés en 2026, taux de succès 50–84 %, et > 70 % des techniques de jailbreak. Le travail fondateur sur l’injection indirecte (Greshake et al., 2023, AISec/CCS) démontre la compromission d’applications réelles.
Sûreté interne & alignement
Peut-on faire confiance au comportement du modèle lui-même ?
La question la plus profonde de la sécurité IA. La recherche montre que l’alignement apparent peut masquer un comportement différent. Un domaine de pointe, largement issu de la recherche peer-reviewed.
Preprint
Alignment faking
Premier exemple empirique d’un LLM qui feint l’alignement sans y avoir été entraîné : se croyant surveillé, le modèle se conforme stratégiquement, puis dévie hors surveillance.
Greenblatt et al. (2024), Anthropic & Redwood · arXiv:2412.06975
Peer-reviewed
Flagornerie (sycophancy)
Le feedback humain (RLHF) contribue causalement à des réponses flatteuses mais inexactes : les humains préfèrent qu’on leur donne raison. Peut dégénérer en « reward-tampering ».
Sharma et al. (2024), ICLR · Denison et al. (2024), arXiv:2406.10162
Peer-reviewed
Agents dormants
Un comportement trompeur peut persister malgré l’entraînement de sécurité standard, qui apprend parfois au modèle à mieux le cacher plutôt qu’à l’éliminer.
Hubinger et al. (2024), ICLR (« Sleeper Agents »)
Peer-reviewed
Mauvais alignement émergent
Entraîner un modèle sur une tâche étroite (ex. code peu sûr) peut induire un mauvais alignement large, débordant le périmètre de la tâche d’origine.
Nature (2026), s41586-025-09937-5
Preprint
Conscience de l’évaluation
Les modèles avancés peuvent reconnaître qu’ils sont en situation de test et ajuster leur comportement, fragilisant les métriques « boîte noire » et poussant vers l’audit du raisonnement interne.
Greenblatt et al. (2024) ; revue Zenodo (2026)
Peer-reviewed
Le fine-tuning compromet la sécurité
Affiner un modèle aligné (même sans intention malveillante) peut dégrader ses garde-fous. Implication : l’organisation qui fine-tune peut être requalifiée fournisseur au sens de l’AI Act.
Qi et al. (2024), ICLR
Biais éthiques & politiques
Les biais implicites sont les plus risqués, et les plus difficiles à mesurer.
La toxicité implicite (sans insulte ni grossièreté) est la plus difficile à détecter et la plus risquée en contexte RH ou relation client. Un audit superficiel sous-estime systématiquement le risque réel.
TruthfulQA
Peer-reviewed
Tendance à reproduire des faussetés humaines : 817 questions, 38 catégories (santé, droit, finance, politique).
Le modèle refuse-t-il vraiment ce qu’il devrait, sans sur-refuser ? Évaluation systématique du refus de sécurité.
Xie et al. (2025), arXiv:2406.14598
Biais politiques · à traiter avec nuance
Une orientation à gauche dominante, mais un instrument de mesure qui prête à débat.
Sur 43 LLM(États-Unis, Europe, Chine, Moyen-Orient ; prompts ANES & Pew), la majorité penche au centre-gauche ou à gauche. Point clé : l’échelle et le caractère ouvert/fermé du modèle ne prédisent pas l’orientation : c’est la stratégie d’alignement et le contexte institutionnel qui pèsent le plus.
GaucheCentreDroite
Tendance de base observée : économiquement à gauche, socialement libertaire.
La malléabilité = un risque de manipulation
De petits changements de prompt suffisent à déplacer l’orientation. Le persona prompting rend le comportement idéologiquement malléable. Le fine-tuning partisan déplace l’orientation et dégrade la détection de désinformation.
Bang et al. (2024) ACL · Feng et al. (2023) ACL · arXiv:2508.16013
Le caveat méthodologique essentiel
L’usage du Political Compass Test pour évaluer les LLM est critiqué quant à sa validité. Un audit sérieux ne s’appuie jamais sur un seul instrument.
Röttger et al. (2024), ACL (« Political Compass or Spinning Arrow? »)
Contexte : le US AI Action Plan (2025) exige des systèmes « exempts de biais idéologique », un objectif que la recherche juge difficile à atteindre, ce qui renforce la pertinence d’un audit indépendant.
Fuite de données & Shadow AI
Le risque qui parle directement aux dirigeants.
Le Shadow AI (des employés utilisant des outils IA non approuvés avec des données de l’entreprise) est le principal angle mort : des données sensibles sortent du périmètre de gouvernance et de conformité.
90 %
des organisations GenAI exposées à un risque de fuite de données
27 %
des développeurs ont partagé des données sensibles avec des outils IA sans le savoir
38 %
rapportent une exposition accidentelle via du code généré par IA
65 %
des entreprises s’inquiètent de la fuite via les assistants de code
50 %
n’ont aucune politique de gestion des données sensibles dans les workflows IA
23 %
seulement ont établi une politique formelle de sécurité IA
4,88 M$
coût moyen d’une violation de données (record historique, IBM)
346
incidents recensés par l’AI Incident Database en 2025 (dont 179 deepfakes), un plancher
Cas emblématique : Samsung
Samsung a banni ChatGPT après une fuite de code propriétaire par ses ingénieurs. 77 % des entreprises ont rapporté un incident de sécurité lié à l’IA en 2024.
À retenir
L’AI Incident Database précise que ses 346 incidents 2025 sont un plancher : la plupart des incidents internes ne sont pas divulgués publiquement.
Sources : SQ Magazine, Practical DevSecOps, BlueRadius, IBM Cost of a Data Breach (2024–2026).
Cadre réglementaire
AI Act, RGPD, CNIL : trois cadres qui se cumulent.
L’angle conformité, indispensable pour une organisation française. L’AI Act ne remplace pas le RGPD : les deux s’appliquent ensemble.
Calendrier AI Act (Règlement UE 2024/1689)
2 août 2026
Transparence (art. 50)
Majorité des obligations applicables, dont la transparence de l’article 50.
Sanctions : jusqu’à 35 M€ ou un pourcentage du chiffre d’affaires mondial.
Les 4 niveaux de risque
Inacceptable
Interdit (art. 5) : manipulation, exploitation de vulnérabilités, notation sociale.
Haut risque
Annexe III : tri de CV, scoring crédit, évaluation scolaire → enregistrement UE, marquage CE, documentation.
Risque limité
Chatbot, génération de contenu, recommandation → obligation d’informer l’utilisateur.
Risque minimal
Aucune obligation spécifique.
Articulation RGPD ↔ CNIL
1.Exactitude (art. 5) : un chatbot qui invente une info fausse sur une personne réelle constitue une violation.
2.Décision automatisée (art. 22) : interdiction d’une décision à effet juridique fondée exclusivement sur un traitement automatisé. Une banque ne peut refuser un crédit sur le seul score d’une IA.
Statuts à identifier
Une PME utilisant ChatGPT ou Gemini peut être qualifiée de déployeur. Surtout : une entreprise qui fine-tune un modèle open-source pour un usage haut risque peut être requalifiée fournisseur et endosser la responsabilité légale complète.
ISO/IEC 42001 facilite la conformité conjointe AI Act + RGPD, mais ne satisfait pas le RGPD à elle seule. Sources : Sigma, aiacto, MDP Data, Knowlee, adevweb, CNIL (2026). Informatif : ne constitue pas un conseil juridique.
Bonnes pratiques de gouvernance
Ce que recommandent les cadres officiels, concrètement.
Cartographier les usages IA
Identifier les systèmes et leur niveau de risque.
Règles claires sur les données
Définir ce qui peut être traité par quel outil.
Moindre privilège
Limiter ce que l’IA peut lire, les outils qu’elle appelle, les actions qu’elle déclenche.
Validation en sortie
Des classifieurs scannent les réponses pour détecter fuites et violations.
Présomption d’échec
Partir du principe que la prompt injection finira par réussir, et se concentrer sur le confinement.
Ancrage documentaire (RAG)
Réduire les hallucinations en ancrant les réponses dans des sources vérifiées.
Contrôle humain significatif
Sur toute décision à effet juridique (art. 22 RGPD).
Formation continue
Lutter contre le Shadow AI par la montée en compétence des équipes.
Référentiels & frameworks
Les standards reconnus sur lesquels s’appuie Vigilance.
OWASP Top 10 for LLM
Sécurité applicative IA (v2025).
NIST AI RMF
Cadre de gestion des risques IA.
MITRE ATLAS
Taxonomie des menaces adversariales.
HELM (Stanford)
Évaluation holistique multi-dimensionnelle.
ISO/IEC 42001
Système de management de l’IA.
AI Incident Database
Recensement public des incidents.
LMSYS Chatbot Arena
Préférence humaine en aveugle.
MITRE / OWASP combinés
Défense en couches sur tout le système.
Bibliographie consolidée
Chaque affirmation, sa source.
Statut indiqué : peer-reviewed (revue ou conférence à comité de lecture : Nature, ICLR, NeurIPS, ACL) ou preprint (arXiv, en cours d’évaluation). Cliquez pour ouvrir la référence.
Les benchmarks publics sont des points de départ nécessaires mais insuffisants : saturation, contamination des données et dépendance au cadre d’évaluation en limitent la portée. Les sources [preprint] (arXiv) n’ont pas encore été validées par un comité de lecture : leurs résultats sont sérieux mais reflètent un débat scientifique en cours. Aucun benchmark ni résultat isolé ne suffit à caractériser un modèle : une évaluation rigoureuse croise plusieurs instruments et des tests sur cas d’usage réels. Les modèles évoluant en continu, tout chiffre ou conclusion doit être daté et réévalué périodiquement. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Dernière revue documentaire : juin 2026.
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